Les trois pépites du moment : la maison Amazighe, le mot "Amazigh", le dernier album de Oum

Les trois pépites du moment : la maison Amazighe, le mot "Amazigh", le dernier album de Oum

Cette semaine chez Taszuri, on a levé un peu le pied. C’était supposé être un “congé” pour cette première semaine des vacances scolaires… mais pour être tout à fait honnête, ce n'était pas vraiment un congé. On a profité de leurs "temps calmes" pour avancer sur les allers-retours avec un nouvel illustrateur qui travaille sur un futur livre pour enfants qui sortira en avril (on en reparle très vite !), et j’ai préparé les contenus blog et réseaux sociaux pour que tout soit posté en temps et en heure ;)

Si vous suivez les actus Taszuri de cette semaine, vous aurez peut-être vu que la semaine a été très “Voyage dans le Rif”. À l’occasion de la sortie du numéro 8 des P’tits Mazouz, dans lequel on fait découvrir cette région aux enfants, on a eu envie aussi de partager une série photos de cette région et quelques endroits qui nous ont marquées pour les plus grands. Clairement, ça donne envie d’y aller en vacances.

Et puis… on n’a pas oublié notre rendez-vous du vendredi pour vous parler de trois pépites qu’on a adorées :

#1 La Maison Amazighe à Toulouse, vous connaissez ?

Ce lieu, c’est un peu l’histoire d’une amitié qui revient en écho à notre propre parcours. Au tout début de l’aventure Taszuri, ça s’appelait l’Instant Berbère. J’avais rencontré Daïa il y a quelques années, tout juste après avoir quitté mon ancien job pour me consacrer à plein temps à Taszuri. À l’époque, Daïa proposait un coffret de rituels beauté, et nous on faisait encore surtout de l’artisanat décoré de motifs amazighs. On était loin d’imaginer qu’on écrirait des livres un jour !

Aujourd’hui, l’Instant Berbère est devenu La Maison Amazighe : une boutique au 10 rue des Sabots à Toulouse, mais aussi un espace vivant qui organise des ateliers, des rencontres, des séjours culturels, et même un festival (Amlili Amazigh Festival) dédié à la culture amazighe, à l’artisanat, à la musique et à la création contemporaine.

C’est un lieu chaleureux, généreux, où on peut à la fois flâner entre les objets, partager un thé, écouter une histoire, ou participer à un atelier créatif. Si vous êtes Toulousains·es (ou de passage), ça mérite vraiment une visite. Et bientôt, nos livres seront aussi disponibles dans leur boutique.

#2 Un article passionnant sur le mot Amazigh (par Yani Saïd Amar)

On a lu un article hyper bien construit sur un sujet qu’on utilise tous… sans toujours l’interroger : le mot Amazigh lui-même.

Ce que l’article fait très bien, c’est qu’il sort des raccourcis du type “Amazigh = homme libre” (même si cette idée existe, et revient dans certaines sources) pour suivre la trajectoire du mot dans le temps et dans l’espace. On remonte aux formes antiques rapportées par des auteurs grecs et latins (Maxyes / Mazices…), puis on voit réapparaître la racine au Moyen Âge et à l’époque moderne : chez Ibn Khaldoun avec l’ancêtre éponyme Mazigh, dans un lexique arabo-amazigh où amazix est glosé comme “homme libre / non-esclave”, ou encore chez Léon l’Africain qui mentionne awal amazigh (“langage noble”).

Et ensuite, l’auteur descend “sur le terrain” : Touaregs, Rif, Nefoussa, Figuig, Sous, Aurès, Kabylie… avec une idée simple mais forte : le mot est présent, vivant, mais pas toujours avec le même usage (langue, peuple, statut social, appartenance, valeurs). La conclusion est nuancée et intelligente : au fond, Amazigh semble d’abord fonctionner comme un nom d’appartenance (“ceux du groupe”), et c’est ensuite — selon les contextes — qu’il s’est chargé de valeurs comme libre / noble, parfois liées à des oppositions sociales anciennes (à lire avec prudence, sans en faire une lecture racialisée moderne).

Si vous aimez les sujets traités sérieusement, sans folklore et sans slogans, c’est une lecture qui vaut vraiment le détour !

(Et je mets le lien de l’article ici : https://shna-asso.fr/mot-amazigh-trajectoire-lexicale)

#3 Le dernier album de Oum : Dialddar 

Cette semaine, j’ai découvert (et adoré) le dernier album de Oum, la chanteuse marocaine à la voix incroyable. Son univers est à part : une musique très libre, entre soul, jazz, inspirations gnawa et sonorités du Maroc… toujours avec quelque chose de profond et d’élégant.

Son nouvel album, Dialddar (“fait maison”), sorti le 20 février, est construit d’une manière assez radicale : pas de cordes, pas de vents. Juste sa voix et des percussions, dont beaucoup ont été fabriquées artisanalement à Marrakech. Et ça fonctionne tellement bien. C’est organique, vivant, ça pulse, ça emporte.

J’ai eu un vrai coup de cœur.
Ma préférée : Flstyn.

Tout l'album est dispo sur toutes les plateformes d'écoute ;)

On espère que ces trois pépites vous ont plu autant qu’à nous. Si vous avez des découvertes à partager, on adore vous lire.

Et puis demain, c’est le printemps.
Chez les Amazighs, on l’appelle Tafsut.

Une saison très symbolique : celle du renouveau, des champs qui verdissent, des fleurs sauvages, des fêtes liées au cycle agricole. Dans plusieurs régions, Tafsut marque un moment de célébration de la nature, de la fertilité, de la lumière retrouvée après l’hiver.

Alors on vous souhaite une belle Tafsut.
Du renouveau, des idées fraîches, et de jolies choses à semer pour les mois à venir !

 

Crédits photo :
Oum en bannière de l'article (photo de Lamia Lahbabi)

Retour au blog

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.