Connaissez-vous l'histoire des mineurs marocains du Nord de la France ?
Partager
Dans les années 1960, la France envoie des recruteurs dans les villages du sud du Maroc, notamment dans l’Anti-Atlas, pour trouver des hommes prêts à travailler dans les mines de charbon du Nord de la France. Des milliers de Marocains quittent alors leur pays, laissant derrière eux leurs villages et leurs familles avec l’espoir de trouver un emploi et de meilleures conditions de vie.
Des montagnes de l’Anti-Atlas aux mines du Nord
Leur arrivée s'inscrit dans une longue histoire d'immigration ouvrière, qui a vu se succéder dans les bassins miniers français des travailleurs venus de Belgique, de Pologne, d'Italie ou d'Afrique du Nord. Pourtant, les mineurs marocains arrivent à une période particulière : celle où l'industrie charbonnière française commence déjà son déclin.
Recrutés pour leur aptitude au travail physique, ces hommes découvrent les longues journées au fond des galeries, le froid des hivers du Nord et la vie dans les cités minières. Beaucoup avaient envisagé de rester quelques années, le temps de faire des économies avant de rentrer au Maroc. Certains finiront par s'installer durablement en France, bientôt rejoints par leurs familles. Leurs enfants grandiront entre les souvenirs du pays de leurs parents et la culture des villes minières.
La fin des mines, un avenir incertain
À partir des années 1960, les mines ferment progressivement, jusqu'à l'arrêt définitif de l'extraction du charbon dans le Nord-Pas-de-Calais en 1990. La région entame une longue reconversion économique, notamment avec le développement de l'industrie automobile. Pour les mineurs marocains, l'avenir est plus incertain. Certains retrouvent un emploi, d'autres partent en retraite anticipée ou se voient proposer une aide pour retourner au Maroc. Seulement, après plusieurs décennies passées en France, beaucoup y ont désormais leur famille et leurs attaches. Le retour au pays, envisagé au moment de leur départ, n'est plus une évidence.

Roman L'Ancien étranger, d'Adil Magouh.
L'Ancien étranger, un roman sur l'immigration marocaine en France
C'est dans ce contexte historique que se déroule L'Ancien étranger, le roman d'Adil Magouh, que nous avons publié chez Taszuri.
Dans les années 1960, Aghrib quitte Tafraoute, son village accroché aux montagnes de l'Anti-Atlas marocain. Il emporte avec lui ses souvenirs, ses habitudes et l'espoir d'offrir aux siens un horizon plus large que celui de ses montagnes.
À travers son personnage, Adil Magouh nous fait découvrir le parcours de ces hommes qui ont dû apprendre à vivre loin de leur terre natale, s'adapter à une nouvelle langue, à un nouveau climat et à d'autres façons de vivre.
Avec sa plume poétique et son regard curieux sur les rencontres humaines, l'auteur raconte aussi les amitiés, les découvertes et les petits bonheurs du quotidien qui accompagnent la construction d'une nouvelle vie. Une histoire qui fait écho à celle de nombreux parents et grands-parents, et à ces souvenirs d'immigration qui continuent de se transmettre dans les familles.
L'Ancien étranger, d'Adil Magouh, est à découvrir ici.
À bientôt,
Rym & Camille