Les trois pépites du moment : les céramiques de Souhila Bel Bahar, The Amazighs et la dinanderie algéroise

Les trois pépites du moment : les céramiques de Souhila Bel Bahar, The Amazighs et la dinanderie algéroise

Cette semaine chez Taszuri, on a beaucoup travaillé sur le prochain numéro des P’tits Mazouz consacré aux grottes du Sahara. Entre les recherches, les croquis, les essais de mise en page et toutes les petites idées qu’on note au fur et à mesure… on a passé nos journées entourées de peintures rupestres, de falaises, de paysages sahariens et d’histoires vieilles de plusieurs milliers d’années.

Et comme souvent quand on travaille sur un sujet, on finit par ouvrir mille autres portes au passage.

On n’oublie évidemment pas notre petit rituel du vendredi : voici les trois pépites du moment ♥️

#1 Les céramiques de Souhila Bel Bahar

Il y a quelques jours, je suis retombée sur les céramiques de l’artiste algérienne Souhila Bel Bahar… et honnêtement, impossible de ne pas rester bloquée dessus pendant de longues minutes.

On connaissait déjà surtout ses peintures et ses fameuses “femmes pétales”, ces silhouettes féminines très allongées, presque végétales, qui reviennent sans cesse dans son travail. Mais découvrir cette esthétique transposée sur de la céramique, avec les lignes noires, les bleus profonds, les motifs floraux et les formes ondulantes… ça fonctionne incroyablement bien.

Ce que j’aime chez ses céramiques, c’est qu’elles ont l’air presque improvisées par moments… puis d’un coup, une courbe, un équilibre ou une association de couleurs rappelle à quel point tout est maîtrisé.

Ses personnages donnent parfois l’impression d’avoir été dessinés d’un seul geste.

Dans une publication sur ses réseaux sociaux, il était raconté justement qu’elle mélangeait elle-même des poudres pour créer ses couleurs sans toujours savoir exactement ce que le four allait produire. Chaque ouverture devenait une surprise, avec parfois ce qu’elle appelait de “beaux accidents”.

Souhila Bel Bahar fait partie de ces artistes qui ont participé à construire l’art algérien contemporain après l’indépendance, à une époque où être femme artiste n’avait rien d’évident. Elle expose dès les années 1970 et développe progressivement un univers très reconnaissable, entre fleurs, silhouettes féminines, couleurs méditerranéennes et inspirations algéroises.

Et puis il y a ces bleus… On dirait parfois des murs de palais méditerranéens transformés en rêve.

#2 Amine & Leïla ⵣ (@theamazighs)

Si vous ne les connaissez pas encore, Amine & Leïla sont un couple qui partage des vidéos autour du voyage, de la culture amazighe mais aussi simplement de leurs découvertes et de leur quotidien.

Leur projet est né après plusieurs voyages pendant lesquels ils ont commencé à réfléchir à une autre manière de montrer la culture amazighe.

Et franchement, ça se sent dans leurs vidéos.

On a l’impression d’être avec eux à sillonner le monde. Leurs contenus ressemblent plus à des morceaux de voyage et de vie qu’à du “contenu culturel” au sens classique.

Et je pense que c’est aussi pour ça que leurs vidéos parlent à autant de monde.

Ça fait vraiment partie des comptes qui donnent envie de découvrir davantage, d’aller écouter un artiste cité dans une vidéo, de chercher une région, un village ou une fête dont on n’avait jamais entendu parler avant.

Et honnêtement, voir de plus en plus de créateurs parler de culture amazighe avec des formats modernes, accessibles et incarnés… ça fait trop plaisir.

#3 La dinanderie algéroise

En travaillant sur notre article autour d’Alger et de ses palais, je suis retombée sur la dinanderie algéroise… et j’ai replongé dedans pendant des heures.

La dinanderie, c’est l’art de travailler le cuivre et le laiton martelés pour fabriquer des objets du quotidien ou décoratifs : plateaux, théières, aiguières, lanternes, bassines, encensoirs…

Pendant des siècles, cet artisanat a occupé une place immense dans les villes d’Afrique du Nord, notamment à Alger, Constantine ou Tlemcen. Avec le temps, les influences andalouses et ottomanes se sont mélangées pour donner des styles très reconnaissables.

Quand on regarde les anciens palais algérois ou certaines demeures de la Casbah, on comprend vite pourquoi cet artisanat était si important. Le cuivre était partout : dans les grands plateaux des salons, les luminaires, les bassines des hammams domestiques… 

J’aime beaucoup cette idée d’un artisanat qui faisait vraiment partie du décor quotidien et pas seulement d’objets “d’exposition”.

Aujourd’hui encore, certains ateliers perpétuent ces gestes à la main, même si ce savoir-faire devient malheureusement de plus en plus rare. Et quand on voit le temps nécessaire pour marteler, ciseler et polir certaines pièces… on comprend vite pourquoi.


On espère que cet article vous a plu !

À vendredi prochain,
Rym & Camille
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