Les trois pépites du moment : les carreaux de céramique algérois, La joie ennemie de Kaouther Adimi, Un divan à tunis
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Ces deux dernières semaines chez Taszuri, on a passé beaucoup de temps à relire, regarder, couper, déplacer. À se demander où nos contenus vivaient le mieux, et surtout où ils pouvaient respirer un peu plus.
Depuis longtemps, on partage beaucoup sur Instagram. Des images, des idées, des fragments d’histoire, des détails qui nous touchent. Mais on avait envie d’un espace différent. Plus calme. Plus durable. Un endroit où l’on peut prendre le temps de relier les choses, de creuser un sujet, ou au contraire s’arrêter sur un détail sans raison particulière.
Ce blog, on a décidé de réinvestir son espace.
De lui redonner une place centrale comme lieu de découverte dédié à la culture, à l’histoire et à l’art amazighs... à travers le voyage, la musique, les savoir-faire, les prénoms, les proverbes, les tatouages, les images. Un espace très visuel, pédagogique mais aussi fun, où l’on peut venir, revenir, se perdre un peu.
Pour ouvrir ce nouvel espace, j’avais envie de partager trois inspirations très différentes, mais qui racontent bien la façon dont les sujets viennent à nous en ce moment.
#1 Redécouvrir les carreaux de céramique algérois
Lors de mon dernier séjour à Alger, début janvier, j’ai eu envie de faire découvrir la ville à mes filles. En nous baladant, j’ai redécouvert les carreaux de céramique et de faïence qui faisaient pourtant partie de mon décor quotidien pendant toute mon enfance.
J’ai grandi là-bas jusqu’à mes 17 ans : ces carreaux étaient partout. À la maison, dans les lieux historiques algérois, au musée du Bardo, mais aussi sur le chemin de l’école, le long d’un très long mur composé de sortes de tableaux réalisés en mosaïque. Je crois que j'avais oublié comme ils étaient ancrés dans le décor algérois.
Et puis, quand je pense aux carreaux, je pense évidemment aux nombreux palais d’Alger et à la Casbah. Autant dire que cette redécouverte m’a donné envie d’aller plus loin. J’ai donc missionné mon père pour me dénicher un livre sur le sujet sur place. Résultat : je suis repartie avec le très beau livre Céramiques d'Alger de Rachid Sidi Boumedine, publié aux éditions ANEP, qui décortique l’histoire des céramiques d’Alger.
Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, c’est qu’il ne se concentre pas principalement sur les procédés de fabrication. Il raconte surtout une histoire : celle des origines, des circulations, des nombreux échanges commerciaux. Ce n’est pas non plus un catalogue de carreaux. On comprend d’où ils viennent, notamment d’Europe, et comment ils sont devenus, avec le temps, un élément à part entière du patrimoine algérien.
Un sujet qu’on aura très envie d’explorer plus en détail ici ;)

#2 La joie ennemie de Kaouther Adimi
En décembre dernier, j’ai lu La joie ennemie de Kaouther Adimi.
Pour être tout à fait honnête, j’ai de plus en plus de mal à lire autre chose que des livres qui nourrissent directement la bibliographie de Taszuri. Je rêve de pouvoir reprendre le temps de bouquiner tranquillement, mais pour l’instant, ce n’est pas vraiment compatible ni avec les enfants, ni avec les journées très denses qu’on mène.
Et puis parfois, il y a des exceptions. Ce livre en a été une très belle.
Kaouther Adimi y aborde la décennie noire en Algérie (un sujet douloureux pour beaucoup d’entre nous) mais avec un angle que j’ai trouvé très juste : à hauteur d’enfant. L’histoire, enfouie, finit par ressurgir lors d’une nuit passée à l’Institut du monde arabe, face aux tableaux de Baya.
J’ai trouvé ça très fort de faire émerger des souvenirs aussi lourds au milieu de cet éclat de couleurs et de joie. Pour beaucoup d’entre nous, cette période est restée taboue, enfouie très profondément, comme si elle n’avait pas existé. J’appréhendais un peu cette lecture, l’état dans lequel elle pourrait me laisser. Finalement, j’ai adoré me plonger dans ses réflexions, ses souvenirs, et ces événements qui l’ont marquée.

#3 Une parenthèse cinéma inattendue
Et puis hier soir, j’ai réussi à regarder Un divan à Tunis de Manel Labidi (un petit miracle que je ne me sois pas endormie en couchant mes filles, il fallait en profiter).
J’ai beaucoup aimé ce film, qui m’a rappelé par moments El Sardines, une mini-série comique et engagée signée par la poétesse Zoulikha Tahar et l'écrivaine Kaouther Adimi. Les sujets sont très différents, mais on retrouve cette même manière d’aborder des thèmes profonds avec une forme de légèreté, parfois d’humour, sans jamais les édulcorer.
Dans Un divan à Tunis, on suit le retour de Selma (jouée par la talentueuse Golshifteh Farahani) de Paris à Tunis pour y exercer comme psychanalyste. Au fil des séances, on découvre une société en mouvement, traversée de contradictions, de non-dits, de maladresses, mais aussi de beaucoup d’humanité. J’ai trouvé le film à la fois juste, drôle et profondément sensible, mais aussi très doux.

Et la suite
Ce blog va vivre au rythme de nos projets — livres, magazines jeunesse, jeux — mais aussi en dehors des grandes sorties. Certains moments seront consacrés à une région précise, comme le Rif ou la Kabylie par exemple. D’autres fois, on fera des pas de côté.
L’idée n’est pas de tout dire, ni de tout expliquer.
Mais de proposer des portes d’entrée, de relier des sujets, et de donner envie de rester un peu.
On espère que vous aurez envie de revenir vous y perdre.
Des idées de sujets à aborder ? Dites-le nous en commentaire ;)