Les trois pépites du moment : Amira Louadah, la librairie du Mucem et Yasmine Akaichi

Les trois pépites du moment : Amira Louadah, la librairie du Mucem et Yasmine Akaichi

Cette semaine chez Taszuri, on a finalisé l’édition du prochain livre jeunesse : le premier que nous éditons pour un auteur et un illustrateur externes. Mais surtout, on a tout préparé pour le lancement de notre tout nouveau livre que l’on vous dévoile demain !

On a hâte de vous en dire plus 🥹. Tout ce qu’on peut vous dire pour l’instant, c’est qu’il vous emmènera en voyage à la découverte d’endroits fascinants !

Et puis, au milieu de tout ça, des virus ont abattu une partie de l’équipe… Ce n’était pas la semaine la plus simple. Mais tout le monde est de nouveau sur pied ce matin, et je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous du vendredi pour vous partager trois pépites que j’ai épinglées dans mon carnet ces dernières semaines.

#1 Amira Louadah

Amira Louadah est une artiste et réalisatrice algérienne. Formée au design et aux arts visuels à l’ENSCI, elle développe un travail à la croisée du documentaire, de la recherche visuelle et de l’enquête personnelle. Ses films explorent souvent les questions de langage, de narration et de société à partir de situations très concrètes : une famille, un quartier, des rencontres dans la rue. 

Je l’ai découverte il y a quelques jours grâce à une vidéo qu’elle poste dans une série consacrée au multilinguisme en Algérie. La vidéo commence par une phrase qui m’a immédiatement arrêtée : « En 2050, la langue kabyle va disparaître. » Autant vous dire qu’il ne m’en fallait pas plus pour regarder la suite. Dans cette vidéo, elle raconte qu’elle se met à apprendre sa langue maternelle : le kabyle. Et tout de suite, ça résonne. Parce que la question de la transmission (de la langue, des gestes, des histoires...) est au cœur de ce qu’on fait chez Taszuri. Ceux qui nous suivent depuis longtemps le savent, au départ, Taszuri est né d’une inquiétude : celle de voir disparaître les tatouages amazighs. Et puis très vite, on a compris que derrière ces motifs, il y avait beaucoup plus vaste : une tradition orale entière. Des récits, des savoirs, des chants… et évidemment des langues.

En découvrant son travail, je suis aussi tombée sur un film qu’elle a réalisé en 2021 : La grosse moula ou li michan. Je l’ai acheté immédiatement… et je l’ai regardé dans la foulée. Et j’ai ri (beaucoup!). Je me suis reconnue dans beaucoup de passages. Le moment où elle essaie de reproduire certains sons kabyles - le fameux GGKKK façon chat qui attaque - m’a fait éclater de rire. Mais surtout, j’ai été touchée par les questions qu’elle pose à ses parents : pourquoi ne pas lui avoir transmis la langue ? Pourquoi certaines langues restent à la maison et d’autres prennent toute la place ?

Le film part de sa propre famille et s’ouvre peu à peu à d’autres voix : des passants croisés dans la rue, un imam de la mosquée Ketchaoua, des vendeurs à la sauvette qui rêvent d’Europe, une professeure qui travaille sur les évolutions linguistiques en Algérie. À travers ces rencontres, se dessine un paysage linguistique très vivant où se croisent l’algérien, le kabyle, l’arabe, le français, le tamazight ou l’anglais. Ce qui m’a frappée, c’est la manière dont le film mélange humour, moments très intimes et réflexion plus large sur l’histoire et les rapports de domination qui traversent la société algérienne.

Bref, si ces questions de langues, de transmission et d’identité vous intéressent un peu... je ne peux que vous recommander de découvrir son travail.

👉 Son compte Instagram.
👉 Son film La grosse moula ou li michan.



#2 La librairie du Mucem à Marseille

S’il y a une librairie où j’aime flâner à Marseille, c’est bien celle du Mucem (le Musée des civilisation de l'Europe et de la Méditerranée).

D’abord parce que la sélection est magnifique. C’est une librairie généraliste aux couleurs de la Méditerranée où on trouve aussi bien des ouvrages d’Histoire, de sciences humaines ou d’actualité politique que de très beaux livres de photographie. On peut aussi tomber sur des romans d’auteurs méditerranéens, feuilleter des livres d’architecture ou d’urbanisme, et même faire de belles découvertes côté bande dessinée. Et je dois dire que le rayon jeunesse mérite presque une visite à lui tout seul. C’est typiquement le genre de librairie où l’on entre pour regarder un livre… et où l’on ressort avec trois.

Le cadre y est aussi pour beaucoup. La librairie se trouve au cœur du Mucem, l’un des musées les plus spectaculaires de Marseille, posé entre mer et pierre. On peut y passer la matinée à visiter une exposition, puis sortir prendre l’air et marcher jusqu’au quartier du Panier tout proche. Et si vous êtes dans le coin, je vous conseille aussi de faire un détour par la cathédrale de la Major, juste à côté : elle est absolument magnifique.

Nous travaillons avec la librairie du Mucem depuis 2023 et tous nos livres Taszuri y sont disponibles. Alors si vous passez par Marseille, n’hésitez pas à aller y faire un tour. C’est le genre d’endroit où la curiosité se réveille très vite ;)

La librairie-boutique du Mucem © Arteum
La librairie-boutique du Mucem © Arteum

Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée — Wikipédia

 

#3 Yasmine Akaichi

Dernière pépite de la semaine : le travail de Yasmine Akaichi.

Yasmine est une chercheuse tunisienne en informatique basée en Belgique. Mais à côté de sa carrière scientifique, elle est aussi illustratrice et artiste, et c’est comme ça que je l’ai découverte.

Et là, gros coup de cœur.

Ses illustrations sont magnifiques. Il y a dans son travail quelque chose de très fort visuellement : des couleurs franches, souvent des rouges profonds, des compositions très graphiques… et surtout des détails incroyables dans les vêtements, les bijoux et les gestes.

Je pourrais passer des heures à regarder ses illustrations !

Elle dessine des femmes, des scènes du quotidien, des objets familiers : un tube de harissa, un bouquet de fleurs, une main qui tend quelque chose, une porte entrouverte… Des dessins simples en apparence mais qui racontent beaucoup. Et puis il y a les robes. Les tissus. Les broderies. Les bijoux.

J’avoue aussi que le petit clin d’œil "PhD" dans sa bio Instagram m’a immédiatement fait sourire. Avant Taszuri, Camille et moi étions toutes les deux chercheuses. Alors ça nous touche toujours de croiser des parcours comme ça : des personnes qui viennent du monde de la recherche et qui ont aussi cette vie créative à côté. Parce que, quand on y pense, la recherche n’est pas si éloignée de la création. On explore des idées, on relie des pistes, on imagine des hypothèses, on cherche des formes nouvelles. Il y a dans les deux une forme de curiosité et d’invention.

Bref, le genre d’illustrations devant lesquelles je me dis immédiatement : j’ai envie de toutes les avoir chez moi en affiches. Si vous ne connaissez pas encore son travail, allez jeter un œil à son compte. C’est une très belle découverte.

👉 Son compte Instagram
👉 Sa boutique Etsy

On espère que ce nouvel article vous a plu !
Des pépites à nous recommander ? Dites-le nous en commentaire !

À très vite,
Rym & Camille
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